Bonjour à tous,

Pour commencer, je suis infiniment heureux de reprendre la plume sur ce blog après quatre mois d’absence et un nombre faramineux de péripéties tant personnelles que professionnelles. Ma vie de famille a évolué un grand coup et il a bien fallut s’y adapter ce qui m’a demandé beaucoup d’énergie.

D’un point de vue professionnel, j’ai eu l’occasion de faire trois conférences et de reparler à chaque fois de bio-inspiration à des publics aussi variés que des salariés de grands groupes, des managers et des entrepreneurs… et je me suis surpris à répéter dans les trois cas la même métaphore, celle de la rentabilité des plantes.

Traverser le temps

On a tort d’imaginer que les plantes font des fleurs simplement pour flatter les sens de l’humain qui passe et qui a le bon goût d’y risquer une narine. En formation, lorsque je demande pourquoi une plante sent bon, on me répond parfois « pour me faire plaisir ? ».

N’oublions pas que les plantes et notamment les plantes à fleurs sont présentes sur Terre depuis bien avant nous (130 millions d’années… contre 200 000 ans seulement pour l’homo sapiens c’est à dire vous et moi)… Et que bien qu’immobiles, si elles sont toujours là, c’est qu’elles ont trouvé des moyens de traverser le temps. Des moyens efficaces, durables et faciles à refaire. Et la fleur est l’un des outils les plus raffinés de la boîte à outils des plantes… Et elle est très efficace !

La fleur cette place de marché

Poirier et abeille transaction - Yves Bonis

Comme je l’ai déjà expliqué ici, une plante crée une fleur pour attirer à elle les publics dont elle a besoin. Le concept est simple : je ne peux pas bouger et me promener sur mes racines, donc pour durer dans le temps, j’ai besoin que d’autres se chargent de promener mon patrimoine génétique.

Prenons comme exemple un poirier. Il va faire de belles fleurs blanches aux étamines bien roses (cf. photo) pour attirer des abeilles. Tout va bien pour le moment. La promesse est simple, « vient, j’ai à manger pour toi et tes copines ».

La fleur est un lieu de transaction. Je te donne du nectar, de la nourriture donc, mais en échange, tu vas récupérer mon pollen et l’amener à un autre membre de mon espèce pour que nous durions dans le temps. Il y a bel et bien un échange de bons procédés. La fleur est étudiée, le pollen est sur le chemin du nectar, la fleur est suffisamment confortable pour permettre un butinage efficace, pas trop profonde, pas trop étroite… Elle propose un travail contre une récompense. Chacun fait un pas donc la situation est équilibrée et tout le monde est content.

Vous avez dit scrupule ?

Imaginons maintenant que notre poirier, prit de scrupules, n’ose pas « abuser » de la gentillesse de l’insecte, ne se sente pas de demander un service et se contente de donner du nectar, « parce que ça lui fait plaisir » et qu’après tout il en a plein.

Nous avons donc un arbre qui fait une fleur « buffet ». L’abeille vient, mange et repart sans avoir rien fait pour la pérennité de la plante. Une fois bon, ça passe. Mais si l’arbre se laisse aller trop souvent… comment va-t-il féconder ou se faire féconder ? Donc comment va-t-il participer à pérenniser l’espèce poirier ? Et en tout cas, comment va-t-il transmettre ses caractères propres ?

S’il ne prend pas sa part du deal, ce n’est pas l’abeille qui va s’en charger pour lui, elle n’est peut-être même pas « consciente » du service qu’elle rend aux plantes qu’elle visite…

Or, une plante qui ne travaille pas à sa pérennité est une plante stérile. Elle perd la possibilité de traverser le temps. Elle est donc vouée à disparaître. Le raisonnement est simple.

Bio-inspiration donc…

Revenons à notre monde d’humains et à ses activités professionnelles. Je vous le disais en début d’article, que ce soit les équipes salariées ou les entrepreneurs, la question est toujours revenue sur la table. La rentabilité d’une action. Oser rectifier, oser mettre en place, oser demander une part du deal nous fait souvent peur. Les blocages émotionnels peuvent être nombreux et variés qui nous coincent au moment de « réclamer » ou d’équilibrer une transaction notoirement à sens unique.

Peur du refus, du jugement, d’être grossier, agressif, de perdre un partenaire, un client etc.

Dans ces moments-là, la bio-inspiration dans son sens premier – c’est à dire s’inspirer du vivant – devient votre meilleur allié non ? Si vous étiez une plante, vous n’auriez pas d’autre choix que de créer une transaction équilibrée et qui, au moins, vous permette d’avancer dans le temps. Personne ne trouve choquant que le poirier colle du pollen sur l’abeille. Il y a un sens tout simple à cela qui déculpabilise la démarche.

Et bien inspirez-vous de la plante ! Oubliez ces barrières émotionnelles qui vous amènent à proposer ou accepter des transactions clairement à votre désavantage ! #Bio-inspirez-vous !

Crédit photos : Yves Bonis
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