Bonjour à tous,

Vegetal Native continue avec un deuxième brillant modèle que nous offre le vivant. Vous verrez à quel point nous avons à apprendre, non pas seulement des animaux comme avec le Martin-pêcheur, mais aussi des végétaux.

Les plantes recèlent des secrets absolument extraordinaires en matière de relation à leur environnement et vous verrez que mon hôte du jour a placé l’Art de la séduction à un degré de précision et d’ingéniosité impressionnant. Laissez-moi vous présenter une fleur extrêmement spectaculaire.

Vegetal Native : la stratégie de l’Orchidée Ophrys

Vous le savez, les plantes ne se déplacent théoriquement pas (même si je me ferai un plaisir de démentir ceci dans un autre article). Cependant, elles ont un besoin essentiel pour la pérennité de leur espèce : se reproduire.

Alors comment rencontrer un partenaire sexuel quand on ne peut pas bouger ? La Nature a trouvé une multitude de réponses à cette question, mais vous allez en découvrir aujourd’hui une tout à fait sidérante.

Attirer un messager

Puisque les plantes ne savent pas bouger, il leur faut un moyen de déplacer leurs cellules sexuelles d’un individu à un autre. Certaines comptent sur le vent par exemple, mais la méthode a le désavantage de produire d’énormes pertes et je ne m’y attarderai pas maintenant.

La méthode qui nous intéresse, fait intervenir des animaux et plus précisément des insectes. Vous connaissez le travail prodigieux des abeilles qui vont de fleur en fleur attirées par le nectar et qui, une fois sur l’une d’elles, y dépose du pollen pris ailleurs et en récupèrent à nouveau à disperser. Et bien l’Orchidée Ophrys pousse le raffinement bien plus loin que cela.

Une maîtrise incroyable de la séduction

Vegetal Native - Ophrys Miroir

En effet, au lieu de proposer de la nourriture (le nectar) aux insectes dont elle a besoin, elle se propose, pour se reproduire, d’attiser ce même besoin chez ses cibles. En d’autres termes, elle se « déguise » et prend l’apparence de la femelle d’une espèce très précise d’insecte qui l’intéresse.

Le but est clair. Rendre fous de désir les mâles alentours pour qu’ils se posent sur elle, se frottent vigoureusement et se chargent de pollen.

Elle imite donc la forme, le corps velu et les couleurs de ces dames. Allant jusqu’à se parer de la couleur exact que produit le reflet du ciel sur les ailes d’une femelle dans le cas de l’Ophrys Miroir (cf. ci-contre).

Pour parfaire le tout, elle exhale un parfum proche des phéromones produites par la dame et le tour est joué.

La voilà parée de tous les atours qui plaisent à ces messieurs… Mais elle ne s’arrête pas là.

Une affaire de timing

Notre orchidée n’en reste pas à imiter les femelles. Si elle se limitait à cette superbe démonstration, elle courrait encore le risque que les mâles éventent la supercherie avant de se poser. Dans ce cas évidemment, adieux la pollinisation.

Il lui faut des mâles inexpérimentés. Et, la Nature faisant bien les choses, il se trouve que chez ces insectes, les femelles éclosent plus tard que les mâles.

Notre fleur se débrouille donc pour éclore dans le timing précis où les mâles cherchent compagne mais n’en trouvent pas encore. Ils n’ont donc pas ou peu d’éléments de comparaison pour reconnaître de loin une véritable femelle, d’une plante.

Ainsi, elle peut faire son numéro de charme tranquillement et pérenniser sa propre espèce « grâce » à l’insecte. N’est-ce pas extraordinaire ?

Applications à votre entreprise

Je ne suis pas du genre à vous recommander de tromper le client sur la marchandise donc je ne m’étendrai pas sur l’aspect « duperie » de l’Ophrys. Les humains ont développé le concept d’éthique qui fait que tout n’est pas à prendre aveuglément non plus dans la Nature. Par contre, j’attire votre attention sur l’extraordinaire connaissance qu’elle a de l’insecte qu’elle veut attirer. Plutôt que de l’attirer par l’estomac comme les autres, elle vise… ailleurs.

Elle connaît la forme, les couleurs (et avec quelle précision : imiter les reflets du ciel sur les ailes de la femelle…) et l’odeur qui va titiller son pollinisateur. Elle sait en prendre l’apparence avec un luxe de détails et est même capable de planifier le déploiement de ses charmes à la période la plus efficace possible.

Voilà qui mérite que nous en prenions de la graine si j’ose dire.

Nouez une relation étroite avec vos clients

Pouvez-vous prétendre avoir une relation aussi étroite avec vos clients, prospects, partenaires, collaborateurs ? Pourtant on comprend bien à travers cet exemple, les avantages qu’on a à « cibler » consciencieusement, c’est à dire à choisir les publics que nous voulons attirer et se rendre reconnaissable d’eux non ?

Comme les fleurs, nos choix de couleurs, d’aspect et même d’odeurs peuvent faire une différence énorme. Il s’agit pour votre cible, de se reconnaître en vous !

Le mensonge est fatal c’est vrai. Mais la timidité l’est tout autant. Si vos valeurs et votre univers culturel ne sont connus qu’à l’interne, la relation et la pérennisation de votre entreprise sont impossibles.

Le timing est également crucial

Vous l’avez compris, pour l’Ophrys, une part de la réussite réside dans le moment qu’elle choisit pour se montrer aux insectes. Pour votre entreprise aussi le timing des opérations est fondamental.

Lancez une opération de Noël trop tôt et on ne vous verra même pas ou on vous en voudra de bafouer les traditions. Trop tard, vous ne serez plus utile ou on assimilera vos produits à des invendus.

Vous lancer au moment où une grosse actualité monopolise l’attention peut réduire vos efforts à néant.

Et dans la relation interpersonnelle, la fenêtre est encore plus étroite. Demander/proposer un service ou asséner une vérité au mauvais moment peut être dévastateur. C’est parfois l’affaire d’une minute en plus ou en moins.

L’orchidée a appris à viser juste. Vous devriez l’imiter.

Conclusion

Je terminerai en précisant une chose. Si vous n’avez pas des millions d’années devant vous pour évoluer, faites tout de même confiance au temps pour affiner votre connaissance de vos cibles. Le meilleur timing ne se décrète pas mais il s’observe et s’affine. La rencontre avec vos pollinisateurs nécessitera du temps, de l’observation, de l’échange et de la persévérance. Mais le jeu en vaut la chandelle puisque la récompense est ni plus ni moins que la longévité.

Les orchidées auraient 80 millions d’années d’existence. Alors n’attendez plus pour les prendre en modèles !

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